Des centaines de milliers de dollars par an étaient consacrés aux précepteurs et gouvernantes étrangers des enfants de Vladimir Poutine et d’Alina Kabaïeva. Ces éducateurs étaient notamment recrutés en Allemagne, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande, en Autriche, en Irlande, en Bosnie-Herzégovine et en Afrique du Sud. Leurs contrats leur interdisaient toutefois d’aborder les sujets liés aux personnes LGBT. C’est ce qu’indique une enquête du projet « Sistema », qui a eu accès à des documents et à des échanges concernant le recrutement de personnel étranger pour la famille de Poutine et de Kabaïeva.
Selon « Sistema », la recherche d’éducateurs étrangers pour les enfants de Poutine et de Kabaïeva a commencé en 2017, alors que leur fils aîné Ivan n’avait pas encore deux ans. Dès 2018, l’emploi du temps d’Ivan, alors âgé de trois ans, comprenait l’anglais, l’allemand et la musique. Les précepteurs devaient non seulement lui enseigner les langues, mais aussi créer en permanence un environnement linguistique autour de l’enfant. À quatre ans, selon les documents, Ivan devait être plongé dans un « bain linguistique » et parler anglais de manière aussi fluide qu’un « Européen instruit ». Des exigences similaires s’appliquaient à l’allemand.
Comme l’écrit « Sistema », les contrats des gouvernantes stipulaient qu’elles ne devaient « en aucun cas » aborder des sujets liés aux personnes LGBT. Lors de la négociation d’un contrat avec une professeure d’allemand en 2020, les employeurs avaient également proposé de préciser que l’enfant dont elle aurait la charge était un garçon et que, par conséquent, seuls des prénoms et des rôles masculins pouvaient lui être attribués dans les jeux de rôle. « Sistema » indique ne pas avoir trouvé de contrat dans lequel cette proposition aurait été retenue.
Selon l’enquête, au moins 20 précepteurs et gouvernantes étrangers ont travaillé auprès de la famille de Poutine et de Kabaïeva au cours des huit dernières années. En règle générale, quatre à six personnes s’occupaient simultanément d’un enfant : certaines se relayaient, tandis que d’autres travaillaient en parallèle.
« Sistema » écrit que la plupart des gouvernantes et précepteurs venaient d’Allemagne : les enfants apprenaient l’allemand, tandis que les « Allemands », comme les appelaient leurs employeurs, restaient entre eux. Le média a également trouvé des informations sur au moins deux ressortissants britanniques et deux ressortissants néo-zélandais. Par ailleurs, des ressortissants d’Autriche, d’Irlande, de Bosnie-Herzégovine et d’Afrique du Sud ont également enseigné aux enfants du dirigeant russe. L’Allemagne et le Royaume-Uni sont membres de l’OTAN, tandis que l’Autriche, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande ont condamné l’invasion russe de l’Ukraine et soutenu les sanctions contre Moscou.
Selon « Sistema », le recrutement et l’organisation du travail du personnel étaient assurés par les cousines de Kabaïeva, Olesia Fedina et Ekaterina Golovatcheva. Fedina représentait la famille et transmettait ses souhaits concernant l’éducation des enfants, tandis que Golovatcheva supervisait les questions financières et organisationnelles. Dans les documents et les échanges, les parents des enfants n’étaient pas désignés par leur nom : ils étaient simplement appelés « la famille » ou « les parents ».
Les gouvernantes signaient deux contrats. Le premier décrivait les conditions réelles de leur travail auprès de l’enfant ainsi que leur salaire, tandis que le second était conclu avec une personne morale russe : l’Institut de reconversion professionnelle du Centre médical international « Sogaz » ou directement avec le CMI « Sogaz ». Officiellement, les étrangers étaient embauchés comme « interprètes principaux », ce qui leur permettait d’obtenir un permis de travail en Russie en tant que spécialistes hautement qualifiés.
Selon « Sistema », les éducateurs étrangers pouvaient gagner jusqu’à environ 8 000 $ par mois. En 2020, des échanges évoquaient le maintien d’une équipe de cinq à six employés rémunérés chacun entre 450 000 et 510 000 roubles, soit au minimum environ 30 000 $ par mois et quelque 400 000 $ par an. En janvier 2026, rapporte « Sistema », au moins trois nounous étrangères travaillaient auprès de la famille de Poutine et de Kabaïeva. Elles ont reçu au total 3,5 millions de roubles, sans compter d’éventuels paiements supplémentaires en devises.
Auparavant, le Centre « Dossier » avait écrit, que Poutine et Kabaïeva ont deux fils, Ivan et Vladimir, nés respectivement en 2015 et 2019. Selon « Dossier », ils vivent dans des résidences protégées par le FSO, ne fréquentent ni les écoles ni les jardins d’enfants ordinaires, n’ont presque aucun contact avec des enfants de leur âge, voyagent à bord de yachts et de jets d’affaires, et sont constamment entourés de nounous, de gouvernantes et d’entraîneurs.
Dans cet épisode, tout ce que l’on sait sur les enfants et petits-enfants de Vladimir Poutine. Mariages secrets, changements de nom, contrats publics de plusieurs milliards, résidences de luxe, expériences neurologiques et vie dans un isolement total.
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