À partir du Alex Ink je le connais depuis longtemps. Mais pas de la manière à laquelle vous venez peut-être de penser.
D’abord grâce à ses TikTok, puis à ses vidéos porno et, après mon déménagement à Barcelone, également grâce à des rencontres fortuites dans les établissements gays locaux. C’est amusant de voir comment des gens qu’on n’a longtemps vus que sur Internet se retrouvent soudain à la table voisine ou à danser à côté de soi sur la piste d’un club gay.
C’est justement chez lui que j’ai un jour découvert le teaser du clip du chanteur bulgare Mateo pour la chanson « Halkata ». Sans Alex, je serais très probablement passé à la publication suivante. Mais la curiosité l’a emporté : j’ai ouvert YouTube, lancé le clip… Et depuis quelque temps déjà, j’écoute cette chanson presque en boucle.
Pour être honnête, au début, ce n’est pas le sens de la chanson qui m’a séduit, mais Mateo lui-même. Je pense que beaucoup d’entre vous comprendront ce que je veux dire. Son charisme, son corps, sa voix : tout cela fait immanquablement son effet. Et ce n’est qu’ensuite qu’on commence à prêter attention aux paroles et qu’on comprend que la chanson est bien plus profonde qu’elle ne le paraissait durant les premières minutes.
Mais plus j’en apprenais sur « Halkata », plus je comprenais que cette belle mélodie cachait une histoire qui n’avait rien de divertissant.
Qui est Mateo ?
Mateo est le nom de scène du chanteur et auteur-compositeur bulgare Mitko Petrov. Avant même la sortie de « Halkata », il avait publié son premier album, « Razlichniyat » (« L’Autre »), dans lequel il abordait déjà la quête de soi, l’acceptation de sa propre identité et le droit de vivre avec sincérité. Dans des interviews, l’artiste a déclaré à plusieurs reprises que la musique était pour lui un moyen de raconter des histoires vraies, et non simplement de sortir un énième tube pop.
Et c’est précisément pour cette raison que « Khalkata » est si convaincante.
Le titre de la chanson se traduit par « L’Anneau ». Mais il est moins question ici du bijou lui-même que de ce qu’il symbolise : le mariage, les promesses et… le mensonge.
Selon Mateo lui-même, la chanson lui a été inspirée par les histoires d’hommes qui fondent une famille avec des femmes, ont des enfants, mais continuent à fréquenter secrètement des hommes. L’artiste ne leur reproche pas leur orientation. Il évoque la souffrance engendrée par cette double vie, qui finit par rendre absolument tout le monde malheureux.
C’est précisément après cela que j’ai regardé le clip d’un tout autre œil.
Son apparition dans celui-ci Alex Ink semble être tout sauf fortuite. L’un des acteurs les plus célèbres de l’industrie gay actuelle se retrouve au cœur d’une histoire sur des hommes qui ont peur de s’avouer leur véritable nature. Il en résulte un contraste artistique très puissant.
Et c’est sans doute précisément pour cette raison que le clip marque encore plus que la chanson elle-même.
Le plus intéressant, c’est que, littéralement la veille du jour où j’ai décidé d’écrire cet article, nous avions abordé un sujet similaire dans un groupe de discussion entre blogueurs.
La conversation a porté sur les hommes gays qui épousent des femmes, ont des enfants, puis trompent leurs épouses avec des hommes pendant des années.
Honnêtement ?
Je n’ai jamais compris ce mode de vie. Parce qu’il repose sur un mensonge permanent…
Parce que lorsqu’un homme tente de se conformer aux attentes de la société, il brise la vie de plusieurs personnes à la fois.
La sienne.
Celle de sa femme.
Aux enfants.
Même à l’homme qu’elle fréquente en secret.
Au bout du compte, absolument tout le monde est malheureux.
Et tous les discours sur les « valeurs traditionnelles » n’y changent plus rien.
Parce qu’il est impossible de bâtir une famille solide sur le mensonge. Impossible d’être heureux en jouant chaque jour le rôle de quelqu’un d’autre. Et impossible de dissimuler indéfiniment sa véritable nature. Tôt ou tard, elle finit toujours par se manifester.
C’est sans doute précisément pour cela que « Halkata » m’a autant marqué.
Ce n’est pas une chanson sur l’infidélité.
Ce n’est pas une chanson sur le sexe.
Et ce n’est même pas une chanson sur les gays.
Pour moi, c’est une chanson sur l’honnêteté.
Sur le courage de cesser enfin de vivre comme les autres l’exigent. Et de commencer à vivre comme toi seul le ressens.
Oui, tout le monde ne se reconnaîtra pas dans cette histoire, loin de là. Mais je suis sûr que beaucoup y reconnaîtront l’une de leurs connaissances.
Et si, après trois minutes et demie de musique, une personne réfléchit ne serait-ce qu’une seconde à toute la souffrance qu’engendre une vie dans le mensonge, alors Mateo n’aura pas écrit cette chanson en vain.
“Mon manifeste, c’est la vérité. Telle qu’elle est.
Une vérité que beaucoup refusent d’admettre.
Et un mensonge dans lequel vivent des milliers d’hommes et de femmes.
Cette histoire s’adresse peut-être à ceux qui ont besoin de se rappeler que la relation la plus importante est celle que l’on entretient avec soi-même. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut être véritablement heureux. Et ce n’est qu’alors que l’on peut rendre encore plus heureuse la personne qui partage notre vie.
Потому что правда — это свобода, и она всегда выходит наружу. Кольцо живое.” – перевод цитаты Митко Петрова (Mateo).
0 commentaire
Saisissez votre e-mail : nous vous enverrons un code à usage unique. Sans mot de passe ni compte.
Code envoyé à
Si l'e-mail n'apparaît pas dans votre boîte de réception au bout de quelques minutes, vérifiez les dossiers « Spam », « Courrier indésirable » ou « Promotions » : certains services de messagerie y classent à tort les messages automatiques.