La situation des droits de la communauté LGBTQ+ reste extrêmement tendue dans différentes régions du monde. Alors qu’en Russie, des journalistes sont condamnés à des amendes pour « propagande » LGBT, en Iran parlent l’orientation sexuelle du possible successeur du Guide suprême, tandis qu’en Inde, on tente de restreindre les droits des personnes trans. Voici l’essentiel.
Russie : amendes, « propagande » et fuite des journalistes
En Russie, la campagne visant à supprimer toute mention positive, voire neutre, des personnes LGBTQ+ dans les médias se poursuit. La journaliste Alessia Krivtsova a été condamnée à une amende de 200 000 roubles pour « propagande LGBT ». Des poursuites pénales avaient auparavant été engagées contre elle pour « apologie du terrorisme » et « discrédit de l’armée », après quoi elle a quitté le pays en se soustrayant à son assignation à résidence.
Les experts soulignent que la politique répressive du Kremlin sur cette question est totalement déconnectée des opinions de la jeune génération russe, pour laquelle l’orientation sexuelle ne constitue pas un problème. Les autorités continuent néanmoins d’utiliser une rhétorique homophobe comme instrument de contrôle. La situation catastrophique en Tchétchénie, où il existerait des prisons secrètes pour les homosexuels, est également évoquée.
Iran : rumeurs sur le successeur et danger mortel
Selon le New York Post, Donald Trump a reçu des renseignements selon lesquels le nouveau Guide suprême potentiel de l’Iran, Mojtaba Khamenei, serait « probablement homosexuel ».
Sous la théocratie iranienne, de telles accusations peuvent conduire à une exécution ou à l’exil. Les experts doutent toutefois que ces informations servent à faire progresser quelque réforme que ce soit. Ces données risquent plutôt de devenir un instrument de chantage politique aux mains de puissances étrangères. Pour l’heure, Khamenei est entouré des partisans conservateurs de son père, qui n’accepteront jamais son orientation sexuelle.
Inde : « exportation de la haine » depuis les États-Unis
En Inde, où certains progrès avaient auparavant été observés en matière de droits des personnes LGBTQ+ (notamment avec le débat sur le mariage homosexuel), un recul semble désormais se profiler. Les amendements proposés à la loi sur les personnes transgenres pourraient les priver du droit à l’autodétermination.
Fait intéressant, les experts associent ce phénomène à une « exportation de la haine américaine ». Les milieux conservateurs américains transmettraient une rhétorique anti-trans aux responsables indiens, ce qui érode la culture de relative tolérance envers la communauté trans et la culture drag qui s’était établie dans le pays.
Contexte mondial : populisme et nationalisme chrétien
La situation ne se dégrade pas uniquement dans les pays autoritaires.
- Aux États-Unis : au Kansas, la possibilité de changer de sexe sur les permis de conduire a été supprimée. On observe également une montée du « nationalisme chrétien » chez les jeunes, alimentée par des organisations de droite.
- En Europe : les populistes de droite gagnent du terrain en France et en Allemagne, ce qui menace les libertés acquises jusque-là.
La tendance générale est que les responsables politiques populistes utilisent souvent la communauté LGBTQ+ comme un « ennemi commode » afin de détourner l’attention des vrais problèmes : l’économie, le prix des carburants ou les guerres. Bien que l’orientation sexuelle des personnes n’ait aucune incidence sur le PIB ou le prix des produits alimentaires, elle reste l’un des thèmes les plus exploités pour lever des fonds et mobiliser politiquement.
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